Choisir un média : les bons critères

Le média est le squelette du biofiltre. Un bon média low-tech réunit :

  • une grande surface spécifique (m²/m³) — pour loger un maximum de bactéries ;
  • une structure poreuse et rugueuse — pour l'accroche du biofilm ;
  • une neutralité chimique (ne pas dérégler l'eau)… sauf si l'on recherche un effet tampon (coquilles) ;
  • une bonne durabilité et une non-toxicité ;
  • la disponibilité locale et le faible coût — l'esprit low-tech ;
  • une densité adaptée : lourd pour un lit fixe, léger / flottant pour un lit mobile.

Les grandes familles de matériaux

Médias minéraux (souvent locaux, bon marché, durables) :

  • pouzzolane / roche volcanique / scories (très poreuses) ;
  • billes d'argile expansée (type Hydroton) ;
  • gravier, sable, roche concassée ;
  • céramique poreuse.

Bio-médias manufacturés (haute surface, conçus pour le mouvement) :

  • bioballs ;
  • K1 Kaldnes, Hel-X (jusqu'à ~850 m²/m³) — pour les lits mobiles.

Résidus agricoles et valorisation de déchets (le plus low-tech) :

  • coques et fibres de coco ;
  • coquilles d'huître (+ effet tampon pH) ;
  • charbon de bois (+ effet adsorbant) ;
  • bambou, et même cornes de bétail.
Medias de biofiltreMinerauxpouzzolane, argileexpansee,gravier, sable, ceramiqueBio-medias plastiquesbioballs, K1, Hel-X (~850m2/m3)Residus / dechetscoco, coquilles d'huitre,charbon, bambou

La leçon des études : le naturel rivalise avec le plastique

Le plastique est courant mais coûteux et émet des microplastiques en s'érodant. Or des essais en aquaculture montrent que des coques de coco atteignent un taux de conversion de l'ammoniaque (VTR) ≈ 599 g d'azote/m³/jour, soit l'équivalent du média plastique commercial — sans microplastiques, et avec une maturation même un peu plus rapide (~6 semaines).

À retenir : un bon média = beaucoup de surface, poreux, neutre, durable, local, pas cher. Les résidus organiques (coco, coquilles, charbon) rivalisent avec le plastique tout en valorisant des déchets.