Pourquoi retirer les solides EN PREMIER
Le biofiltre n'est pas conçu pour traiter les grosses particules. Si les matières solides (restes de matière organique, déjections, débris) s'accumulent dans le média, elles le colmatent. Là où l'eau ne circule plus, l'oxygène manque : il se forme des zones anaérobies.
⚠️ Point clé souvent mal expliqué : ces zones privées d'oxygène tuent les bactéries nitrifiantes (qui sont aérobies) et déclenchent des fermentations putrides. Résultat : l'ammoniaque remonte et la nitrification s'effondre. La filtration mécanique est donc une protection vitale du biofiltre, à placer en amont.
Trois types de solides
- Solides décantables : assez lourds pour tomber au fond si on laisse le temps.
- Solides en suspension : légers, ils ne décantent pas ; il faut les capturer.
- Solides flottants : ils surnagent ; on les casse avec le jet de retour d'eau.
Deux familles de dispositifs
Les séparateurs (utilisent le temps de séjour, ≥ ~20 min) :
- décanteur / clarificateur : l'eau ralentit, les solides sédimentent au fond ;
- séparateur à vortex (swirl) : un tourbillon concentre les solides au fond d'un fût ;
- séparateur à flux radial : très utilisé, plus efficace.
Les filtres mécaniques (retiennent aussi les fines en suspension) :
- tamis / grille (screen, sieve), filtre à tambour ;
- tapis ou mousse filtrante (tapis japonais, Matala), chaussette filtrante, filet ;
- à nettoyer régulièrement, sinon ils colmatent à leur tour.
Le cas low-tech : laisser les vers travailler
Dans un lit de culture à faible charge, des vers de compost (Eisenia foetida / andrei) peuvent digérer les solides sur place : le lit fait alors à la fois séparateur et biofiltre, et le lombricompost stimule en prime les défenses des plantes. Cela n'est valable qu'à faible densité d'intrants ; au-delà, un préfiltre séparé s'impose.
À retenir : mécanique d'abord, biologie ensuite. Des solides non retirés = colmatage → zones anaérobies → mort des bactéries nitrifiantes.