7. Le cycle de vie et ses signaux
Toute plante suit le même programme : germination → croissance végétative → floraison → graines. Ce qui varie, c'est la vitesse et les signaux de passage d'une étape à l'autre.
La germination demande trois choses : de l'eau (pour réhydrater et activer la graine), de l'oxygène, et une température adéquate — chaque espèce a sa plage, et c'est le facteur que l'amateur rate le plus souvent (un semis de basilic à 15 °C ne lève pas ; il attend). Certaines graines ont en plus une dormance à lever (trempage, froid préalable).
La floraison est déclenchée par des signaux environnementaux :
- Le photopériodisme : la plante mesure la durée du jour (en réalité, de la nuit). Les plantes « de jours longs » fleurissent quand les jours dépassent un seuil (souvent 12–14 h) — c'est le cas de la coriandre, ce qui explique sa montée en graines inévitable en été. D'autres sont indifférentes (basilic).
- La température et le stress : chaleur, sécheresse, repiquage brutal ou pot trop petit accélèrent la floraison — la plante « pense » que ses jours sont comptés et se dépêche de se reproduire. Pour une plante cultivée pour ses feuilles, la floraison est l'ennemie : la montaison (ou montée en graines) détourne les sucres vers les fleurs, le feuillage devient rare et souvent amer.
- La vernalisation : certaines espèces (bisannuelles surtout) exigent de passer par le froid de l'hiver avant de pouvoir fleurir.
Les stratégies de vie, clé de lecture n° 1 d'une espèce :
- Annuelle : tout le cycle en une saison, puis mort (basilic, coriandre). Croissance rapide, exigences élevées, course contre la floraison.
- Bisannuelle : feuilles la première année, fleurs la seconde après vernalisation (persil, carotte).
- Vivace : vit plusieurs années, investit dans le bois et les racines (sauge, thym, romarin). Croissance plus lente, plus sobre, il faut la tailler et l'hiverner.
La rusticité mesure la température minimale qu'une vivace supporte (ex. : sauge ≈ −15 °C ; basilic : aucune, il meurt avant 0 °C). Attention : le froid humide est souvent plus meurtrier que le froid sec — l'eau stagnante en hiver tue plus de plantes méditerranéennes que le gel lui-même.
8. Les hormones végétales, en bref
Quelques messagers chimiques internes expliquent des gestes de jardinier :
- L'auxine, produite par le bourgeon terminal, inhibe les bourgeons situés plus bas : c'est la dominance apicale. Pincer (couper l'extrémité d'une tige) supprime la source d'auxine et réveille les bourgeons latéraux → la plante se ramifie et devient touffue. C'est tout le secret d'un basilic buissonnant. L'auxine commande aussi l'enracinement des boutures.
- L'acide abscissique (ABA) est l'hormone du stress hydrique : c'est elle qui ferme les stomates en cas de sécheresse, et qui maintient la dormance des graines.
- L'éthylène (un gaz) pilote le mûrissement et la sénescence ; les gibbérellines stimulent l'élongation des tiges et participent au déclenchement de la montaison.