3. L'eau : moteur, solvant et squelette
L'eau joue trois rôles : elle maintient la turgescence (§ 1), elle est un réactif de la photosynthèse, et surtout elle est le véhicule des minéraux.
Le circuit est le suivant :
- Absorption par osmose : l'eau entre dans les racines par osmose, un phénomène physique où l'eau migre spontanément vers le milieu le plus concentré en solutés. L'intérieur de la racine étant plus concentré que l'eau du sol, l'eau y entre. Revers de la médaille : si le sol devient plus concentré que la racine (excès d'engrais, sol salé), l'osmose s'inverse et la plante se déshydrate alors qu'elle a « les pieds dans l'eau » — c'est la brûlure d'engrais.
- Montée par le xylème : un réseau de vaisseaux conduit l'eau et les minéraux des racines vers les feuilles.
- Évaporation par les stomates : la transpiration des feuilles crée une aspiration qui tire la colonne d'eau vers le haut. C'est elle qui fait circuler les minéraux. Quand l'eau manque, la plante ferme ses stomates pour s'économiser — mais ce faisant elle bloque aussi l'entrée du CO₂ et donc la photosynthèse.
Un second réseau, le phloème, redistribue les sucres fabriqués dans les feuilles vers les racines, les fleurs et les fruits.
Pourquoi « trop d'eau » et « pas assez d'eau » tuent tous les deux :
- Pas assez : turgescence perdue (flétrissement), stomates fermés (croissance arrêtée), puis dessèchement.
- Trop, trop longtemps : les pores du sol sont remplis d'eau au lieu d'air, les racines ne respirent plus, meurent, pourrissent — et la plante flétrit aussi, car des racines mortes n'absorbent plus rien. Un flétrissement sur sol humide est un signal d'excès d'eau, pas de manque.
D'où la notion centrale de drainage : un bon substrat retient de l'eau et de l'air en même temps.